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La côte des deux amants

Inv. 98.4. 320/MICV

Date : Manufacture de Bolbec, 1ère moitié du XIXe siècle | Technique : Impression en rouge

 

On lit sur la toile une inscription sous la scène de demande en mariage : « Histoire de la Côte des deux Amans [sic] ». C’est une histoire aux accents légendaires originaire de l’Eure et racontée par Marie de France, poétesse du XIIe siècle. Elle a été illustrée au XIXe siècle par quatre gravures d’Alexandre Xavier Lebour, spécialiste de sujets populaires et religieux né à Paris en 1801, d’après l’œuvre peint d’un certain F. Charron. Cette suite s’intitule « Histoire de la Côte des deux Amans (Normandie) ».

Le graveur pour toile Philippe Wingaërt, dont on voit la marque « PH » dans un minuscule cartel sous la colline, a recopié trois de ces gravures :

- un jeune serf, Edmond, éprouve un violent amour pour Caliste, fille de Rulphe, baron de la cour de Charlemagne, seigneur de Pîtres et Pont-Saint-Pierre, qui habite un château près de Rouen sur la rive de l’Andelle. Un jour où Rulphe chasse avec sa fille dans la vallée, un sanglier blessé fonce, furieux, sur Caliste ; le cheval tombe et elle va périr quand Edmond surgit, tuant le sanglier (d’après la gravure « Edmond sauve la vie à Caliste »).

- Caliste éprouve bientôt un tendre amour pour son sauveur qui demande alors sa main (d’après la gravure « Caliste est promise à Edmond ») mais le baron, refusant d’unir sa fille à un serf, met à son consentement une condition impossible : la porter, sans repos, en haut de la côte dominant le château.

- Sur la dernière scène (d’après « Edmond gravit la côte emportant Caliste »), Edmond gravit la pente avec son précieux fardeau.

Une quatrième gravure, non reproduite ici, s’intitule « L’amour a triomphé » : doté d’un immense courage Edmond arrive au sommet, dépose sa conquête mais tombe, mort de fatigue. De douleur, son aimée expire à l’instant tandis que deux colombes s’envolent d’un ermitage voisin en chantant tristement. Le père repentant fait placer les corps dans le même cercueil et ériger, à la place de l’ermitage, le Prieuré des deux Amants, puis meurt à son tour de chagrin.

Aujourd’hui, à Amfreville-sous-les-Monts, en haut de la falaise calcaire qui porte toujours le gracieux nom de « Côte des deux Amants », le prieuré ruiné a fait place à une maison de retraite. A Romilly-sur-Andelle, la commune a racheté récemment une suite de cinq tableaux du normand Paul Malençon (1817-1880) qui en provenaient et qui s’étaient également inspirés des pittoresques gravures de Lebour.

 

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